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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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XVII. La Beauté

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    Je suis belle, ô mortels ! Comme un rêve de pierre,
    Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Éternel et muet ainsi que la matière.
   
    Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
    J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
   
    Les poètes, devant mes grandes attitudes,
    Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
    Consumeront leurs jours en d'austères études ;
   
    Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
    De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !


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Qu'est-ce que l'amour ? Adorer, c'est se sacrifier et se prostituer. -- Pourquoi les démocrates n'aiment pas les chats, il est facile de le deviner. Le chat est beau; il révèle des idées de luxe, de propreté, de volupté, etc. -- Il y a, dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. -- Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre. -- Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables. -- On ne peut oublier le temps qu'en s'en servant. -- J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. -- On ne peut oublier le temps qu'en s'en servant. -- Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière. -- Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur. -- Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi !Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
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"Le beau est toujours bizarre." 
 
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