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Les Fleurs du mal

Première édition

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X L'ENNEMI

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    Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
    Traversé çà et là par de brillants soleils ;
    Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage
    Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
   
   
    Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
    Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
    Pour rassembler à neuf les terres inondées,
    Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
   
   
   
    Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
    Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
    Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
   
   
    —O douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie,
    Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
    Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
   
   
   
   


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La musique creuse le ciel. -- La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. -- Aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste. -- Il y a dans l'acte de l'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale. -- Homme libre, toujours tu chériras la mer ! -- Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ! -- Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ! -- Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. -- Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Eglise a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage. -- La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
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"Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde." 
 
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