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Les Fleurs du mal

Première édition

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XXXII REMORDS POSTHUME

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    Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
    Au fond d'un monument construit en marbre noir,
    Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
    Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;
   
   
    Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
    Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
    Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
    Et tes pieds de courir leur course aventureuse,
   
   
   
    Le tombeau, confident de mon rêve infini,
    — Car le tombeau toujours comprendra le poète, —
    Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,
   
   
    Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
    De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
    — Et le ver rongera ta peau comme un remords.
   
   
   
   


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Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ! -- Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage, l'Art est long et le temps est court. -- Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Eglise a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage. -- Plus encore que la vie -- L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. -- Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux. -- Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre. -- Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables. -- La musique creuse le ciel. -- J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. -- Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
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"Tout enfant, j'ai senti dans mon coeur deux sentiments contradictoires, l'horreur de la vie et l'extase de la vie." 
 
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