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Les Fleurs du mal

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LIV A UNE DAME CRÉOLE

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    Au pays parfumé que le soleil caresse,
    J'ai connu sous un dais d'arbres verts et dorés
    Et de palmiers, d'où pleut sur les yeux la paresse,
   
   
    Une dame créole aux charmes ignorés.
   
   
    Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse
    A dans le cou des airs noblement maniérés ;
    Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
    Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.
   
   
   
    Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
    Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
    Belle digne d'orner les antiques manoirs,
   
   
    Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
    Germer mille sonnets dans le cœur des poètes
    Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.
   
   
   
   


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La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable. -- Il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini. -- Le beau est toujours bizarre. -- On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables. -- Homme libre, toujours tu chériras la mer ! -- J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. -- Il y a dans l'acte de l'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale. -- Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi ! -- J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or. -- La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté. -- La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, première édition (1857)
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"On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables." 
 
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