
Madame Sabatier, Meissonnier (1853)
La même année, Baudelaire écrit Conseil aux jeunes littérateurs et Choix de maximes consolantes sur l’amour; le premier conseille le jeune poète, le deuxième le jeune amant. Fiévreusement impliqué dans son rôle de conseiller, le poète esquisse la physionomie de sa démarche amoureuse.
De ses premiers amours, il a gardé quelques leçons; on se souvient de sa liaison avec Sarah, dit La Louchette, qui inspira le poème des Fleurs du Mal : « Une nuit que j'étais près d'une affreuse juive ». Baudelaire s’explique de cette étrange passion au travers de ses maximes : « La jouissance de la laideur provient d'un sentiment encore plus mystérieux, qui est la soif de l'inconnu, et le goût de l'horrible ». Plus tard, en 1842, le jeune poète rencontre Jeanne Duval, qui restera sa maîtresse toute sa vie. Le tumulte de cette passion, sensuelle, charnelle, troublera sans cesse l’âme du poète; maintes fois trahi et abusé par sa maîtresse, ces maximes s’appliquent à sa propre expérience : « La vertu et l'orgueil vous crient : Fuis-là ! La nature vous dit à l'oreille : Où la fuir ? » Et en un sens Baudelaire se console de ses propres déboires amoureux avec la belle mulâtresse…
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