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Fusées

Baudelaire aux gravures, Etienne Carjat (1863)

Fusées est pour Baudelaire un défouloir ! Et le caractère personnel et abrupt de ses pensées – car il s’agit bien d’un recueil de pensées – lui enlève de sa crédibilité littéraire. Ce défouloir prend la forme d’un journal intime, même si d’un point de vue purement technique on ne puisse parler de journal intime (absence de chronologie). Le texte, regroupant des notes prises par Baudelaire entre 1855 et 1862, est le pendant de Mon Cœur mis à nu. Ces Fusées sont une brillante preuve de l’extrême complexité et de l’extrême paradoxe que le poète peut représenter.
Se pose la question du bien fondé de la publication de cette œuvre. Si nous considérons qu’il s’agit là d’un journal intime, comment justifier la légitimité de sa publication, sachant que ce texte n’a pas été publié du vivant de Baudelaire (1887) ? On sait néanmoins qu’il en avait l’idée; il écrit à sa mère vouloir « entasser » ses colères dans un livre : « Ce livre sera un livre de rancune ».
Mais il n’en demeure pas moins que Fusées n’est que bribes de pensées, une œuvre inachevée. Cette suite de notes éparses, ici regroupées, souvent brillantes, toujours cinglantes, ajoutent au jeu d’ombres et lumières que représente ce personnage, plein de contraste.

 
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Mon coeur mis à nu

 
Je suis la plaie et le couteau ! Je suis le soufflet et la joue ! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau ! -- Dieu serait injuste si nous n'étions pas coupables. -- Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux. -- Profondeur immense de la pensée dans les locutions vulgaires, tous creusés par des générations de fourmis. -- Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ! -- De ce ciel bizarre et livide, Tourmenté comme ton destin, Quels pensers dans ton âme vide Descendent ? Réponds, libertin. -- La musique creuse le ciel. -- Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. -- Plus encore que la vie -- Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre. -- Aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste.Le Salon de 1845
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Les fleurs du mal, fleurs maladives, la fleur du mal, fleurs du mal de Charles Baudelaire. Les Fleurs du mal Le Spleen de Paris, Les Petits po?mes en prose,po?sie en prose, recueil majeur. Le Spleen de Paris
 
 
"Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde." 
 
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